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Dimanche 11 juin 2006 7 11 /06 /Juin /2006 12:15
petit article que je viens de lire sur le site du figaro

"La région fabrique 90% des jouets vendus dans le monde. L'Europe souhaite rééquilibrer ses échanges avec ce poumon économique de la Chine.

DANS LE BROUHAHA des grues en pleine action, il lève la voix pour se faire entendre. «Parmi tous les containers que nous transportons en général deux partent à plein de Chine et un seul revient chargé d'Europe», explique, Tim Smith, directeur commercial du transporteur danois Maersk.

Ce déséquilibre n'est pas prêt de se résorber. Au rythme des quarante grues qui chargent et déchargent sur ses docks, le port de Shenzhen conforte chaque jour un peu plus sa 4e place mondiale. Et pour cause : il est aujourd'hui la principale porte maritime de la province du Guangdong, d'où partent le tiers des exportations chinoises.

Cette province du Sud, la plus riche de Chine, plus peuplée que l'Allemagne, enregistre depuis vingt ans un taux de croissance annuel de 12,5% de son économie. En partie grâce à l'activité des nombreuses compagnies étrangères qui y sont aujourd'hui implantées. Ces dernières assurent les deux tiers de la production industrielle et des exportations du Guangdong.

Villes champignons, sites industriels démesurés, infrastructures gigantesques, la province a toutes les ambitions. Elle a d'ailleurs vu naître quelques champions de l'économie chinoise comme TCL, qui a racheté en 2003 la branche téléviseur de Thomson, ou Huawei, n° 1 des télécommunications en Chine. Coeur de la production manufacturière chinoise, le Guangdong fabrique à lui seule plus de 90% des jouets vendus dans le monde, 50% des micro-ondes ou encore 30% des chaussures.

Pénurie de main-d'oeuvre

Il pourrait finalement mériter à lui seul l'appellation d'usine du monde, donnée à la Chine entière. Une «usine» avec laquelle l'Europe aimerait rééquilibrer ses comptes. «Aujourd'hui, nous devons faire en sorte que davantage de biens soient importés d'Europe dans le Guangdong et que le Guangdong investisse davantage en Europe», expliquait ainsi Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce au vice-maire de Canton en début de semaine. Le représentant de Bruxelles a passé deux jours dans la province pour faire valoir les intérêts de l'industrie et de la banque européenne auprès des responsables locaux, alors que la Société générale est en lice pour une prise de participation dans la Guangdong Development Bank.

Mais cette croissance régionale qui attire toutes les convoitises n'est pas sans obstacle. Celui de la protection de la propriété intellectuelle d'abord. Côté officiel, l'optimisme reste de mise. Les responsables «sont étonnamment sensibilisés sur le sujet, quand il y a encore un an il était difficile de soutenir une discussion sur le sujet», estimait ainsi Peter Mandelson en sortant des bureaux du gouvernement provincial. Mais sur le terrain, beaucoup reste à faire. «La Chine a les moyens d'acquérir la technologie en très peu de temps, grâce surtout au coût encore faible de la main-d'oeuvre», explique ainsi le responsable d'une société européenne de télécommunications. Les milieux d'affaires sont unanimes : sur le papier la législation est bonne, pas son application. «Il est important de faire entendre sa voix au niveau européen, cela donne nécessairement plus de poids», estime Joël Pujol, vice-président de l'antenne cantonnaise de la Chambre de commerce européenne en Chine, qui vient d'être inaugurée.

Second problème non négligeable : les pénuries de main-d'oeuvre auxquelles font face certaines entreprises. Au coeur de villes comme Shenzhen ou Canton, parmi les plus riches de Chine avec 7 000 dollars de PIB par habitant, les exigences des employés s'aiguisent. Des centres de production comme Shenzhen ou Dongguan ont récemment relevé leur salaire minimum de 25 à 30%. Joël Pujol tempère, «les revenus des ouvriers étaient tellement bas qu'il était nécessaire de les relever sans que cela ne traduise un vrai problème de pénurie pour ce niveau de qualification». Par ailleurs, les conditions de travail restent un sujet sensible pour les producteurs de biens de consommation exposés à la sanction du grand public. Des améliorations ont été réalisées, mais les horaires abusifs restent courants. «Toutes les entreprises vous diront que les ouvriers veulent gagner plus, mais les salaires sont tellement bas qu'il est évident qu'ils vont travailler davantage», explique Jane Liu, responsable de l'Institut communautaire pour les ouvriers migrants, basé à Shenzhen. Des conditions qui changeront peut-être sous l'aiguillon de la concurrence que ressent déjà le Guangdong, en provenance d'autres provinces chinoises ou d'autres pays asiatiques, aujourd'hui moins chers."

A bon entendeur.....



 

Par Gregauriz - Publié dans : Greg
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